Le Laboratoire LEEE est l’outil de recherche et de création que nous avons défini au Puy-en-Velay, situé dans les locaux de l’IUT Aubière, composante de l’Université d’Auvergne, il permet en outre d’appuyer scientifiquement un certain nombre d’enseignements qui y sont dispensés.
Notre équipe, composée au départ essentiellement de chercheurs en esthétique et sciences de l’art spécialisés dans les domaines de l’image numérique, a souhaité s’ouvrir à d’autres disciplines.
En effet, le défi qui est le nôtre a consisté à permettre, une fois l’équipe constituée, de développer des recherches artistiques mettant en cause les technologies contemporaines, tout en favorisant la transversalité des domaines envisagés (informatique, sciences cognitives, théories de la communication, linguistique, design, architecture, philosophie..).
Il nous a semblé possible et souhaitable de considérer d’un point de vue expérimental les technologies de l’image, du son, de l’interactivité, outils que nous utilisons dans le développement de notre recherche.
- Possible, car notre situation dans un IUT facilite les approches concrètes des technologies.
- Souhaitable car ces domaines ouvrent à des questionnements qui sont au cœur des réalités contemporaines, ils modifient notre cadre de vie et de travail, notre perception du monde et réclament la formation d’outils d’analyse encore en développement.
Le colloque que nous vous proposons ici est la première manifestation organisée par le LEEE.
Ce que nous avons décidé de définir comme lignes de recherche concerne les approches esthétiques de l’espace, espace vécu, espace conçu, espace représenté ; espace perçu, espace construit, espace parcouru.
Lignes de recherche qui se réfèrent à d’autres questionnements, suscités par des auteurs qui ont nourri notre réflexion, la liste qui suit n’étant pas exhaustive :
- En quoi les automatismes techniques modifient-ils notre imaginaire ? (E. Couchot).
- Quels rapports entretiennent des modes de penser aussi divers que la pensée magique, la technique, la religion, la science, la philosophie, l’esthétique (G. Simondon) ?
- Comment la neurophysiologie de la perception informe-t-elle notre approche esthétique (Edelman, Damasio, Berthoz) ?
- En quoi les sciences et les techniques de l’architecture et de l’urbanisme bouleversent-elles notre paysage mental, ordinaire, quotidien (A. Berque) ?
- Quels rapports peut-il y avoir entre espace de la représentation et représentation de l’espace (H. Lefèvre) ?

Ce que nous souhaitons c’est d’abord permettre l’expérimentation sur ces thèmes, ancrer fortement notre réflexion sur le réel de l’expérience, c’est aussi organiser la controverse quant aux résultats que nous obtiendrons et proposerons à l’étude.
Mais le laboratoire prendra en compte également le monde tel qu’il va, l’économie, la place de la réflexion et de la recherche théorique dans les réalités économiques et sociales d’aujourd’hui.
Ouvert sur la Ville, il cherchera les moyens de restituer publiquement aussi souvent qu’il le pourra, les résultats de son travail.
Ouvert sur l’entreprise, l’IUT nous apporte cette culture du réel immédiat qui nous a conduits à définir certains des axes de travail, à rechercher dans ces domaines des collaborations.
C’est dans cette attente que nous lançons aujourd’hui les activités publiques du LEEE en organisant un colloque.

Jean Delsaux